Balthasar II et les Moretus suivants

Les successeurs de Balthasar I Moretus s’en tiennent à l’édition d’ouvrages liturgiques. C’est donc un choc lorsque la Couronne d’Espagne leur retire leurs privilèges d’imprimeur en 1764. Le régime français leur donne le coup de grâce. L’imprimerie reste ouverte, mais refuse de se moderniser. Edward Moretus vend finalement l’imprimerie à la Ville d’Anvers en 1876.

Balthasar II Moretus, le fils de Jan II Moretus, prend la direction de la maison d’éditions plantinienne à la mort de Balthasar I Moretus. Il reste célibataire... 
 

Balthasar II Moretus (1615-1674)

Bien que Balthasar II Moretus édite initialement quantité d’ouvrages historiques et littéraires, les éditions religieuses vont constituer pratiquement 100% des activités de l’entreprise à son décès en 1674. L’exportation d’ouvrages liturgiques en Espagne est extrêmement lucrative et l’imprimerie plantinienne s’y consacre entièrement. 
 

Balthasar III Moretus (1646-1696)

Maître de l’Officina Plantiniana de 1674 à 1696. Il est anobli par le Roi d’Espagne le 1er septembre 1692 et prend le titre de jonkheer. La période de l’humanisme est terminée. La production ne porte presque exclusivement plus que les ouvrages liturgiques, pour le marché intérieur et le monde hispanophone. 
 

Balthasar IV Moretus (1679-1730)

Maître de l’Officina Plantiniana de 1696-1730. La maison imprime encore essentiellement des ouvrages liturgiques sous sa direction. 
 

Joannes Jacobus Moretus (1690-1757)

Maître de l’Officina Plantiniana de 1730 à 1757. La production se limite maintenant aux ouvrages liturgiques. Joannes Jacobus Moretus fait de très judicieux placements avec les revenus de sa florissante entreprise. Sa famille compte parmi les plus riches d’Anvers.
 

Franciscus Joannes Moretus (1717-1768)

Maître de l’Officina Plantiniana de 1757 à 1768. Le3 juin 1764, le roi d’Espagne Charles III retire tous les privilèges accordés à des imprimeurs étrangers. C’est pratiquement la fin d’un débouché sur le marché espagnol, pilier financier de l’entreprise de Moretus. L’Officina Plantiniana ne s’en remettra pas. D’autant plus que Franciscus Joannes Moretus meurt soudainement en 1768.
 

Maria Theresia Borrekens (1728-1797)

Maria Theresia Borrekens, la veuve de Franciscus Joannes Moretus, poursuit l’entreprise de 1768 à 1797. Elle la gère avec beaucoup de compétence, mais ne peut pas arrêter le déclin de l’imprimerie et maison d’éditions. Le Nouveau Régime français va lui donner le coup de grâce en 1795. Suit alors une période de quasi-inactivité. Trois fils sont alors aux commandes. 
 

Jacob Paul Moretus (1756-1808), Frans-Jozef Moretus (1760-1814) et Lodewijk-Frans Moretus (1758-1820)

Jacob Paul Moretus est maître de l’Officina Plantiniana de 1797 à 1808. A sa mort, son frère Frans-Jozef Moretus reprend l’affaire et la dirige jusqu’en 1814. Le troisième frère, Lodewijk-Frans Moretus, relance en 1816 les activités de l’imprimerie plantinienne. Mais l’entreprise ne se dote pas des nouvelles presses métalliques en service depuis la fin du 18e siècle. Au décès du dirigeant en 1820, c’est d’une entreprise de troisième rang dont hérite son neveu Albert.
 

Albert Moretus (1795-1865)

Maître de l’Officina Plantiniana de 1820 à 1865. Albert Moretus tente d’insuffler une vie nouvelle à l’affaire en 1828, mais ne la modernise pas non plus. 
 

Edward Moretus (1804-1880)

Maître de l’Officina Plantiniana de 1865 à 1876. Il hérite de l’entreprise d’Albert Moretus le 1er avril 1865, mais n’est pas intéressé non plus par la modernisation. Le dernier livre sort des presses en 1866 : c’est le Horae diurnae S. Francisci. Un an plus tard, l’entreprise ne produit plus que des imprimés. Edward Moretus cesse alors toute activité, mais paye encore sa patente en 1871. Il vend le site à la Ville d’Anvers qui projette d’y ouvrir un musée, ouvert au public le 19 août 1877.
 

Museum Plantin-Moretus
Patrimoine mondial de l’unesco